
Adaptation au changement climatique : quel financement pour quel ROI ?
Il devient nécessaire d’adapter son entreprise aux risques climatiques pour assurer la continuité de l’activité, voire la pérennité. Mais il est difficile d’évaluer de manière chiffrée les besoins et les coûts en matière d’adaptation, de projeter dans le temps long des dépenses alors que les risques ne cessent d’évoluer. Le coût des sinistres indemnisés par […]

Il devient nécessaire d’adapter son entreprise aux risques climatiques pour assurer la continuité de l’activité, voire la pérennité. Mais il est difficile d’évaluer de manière chiffrée les besoins et les coûts en matière d’adaptation, de projeter dans le temps long des dépenses alors que les risques ne cessent d’évoluer.
Le coût des sinistres indemnisés par les assureurs est un des seuls indicateurs de l’impact financier du changement climatique. L’adaptation s’appréhende en termes de coûts évités, elle prémunit contre d’éventuels sinistres. Le coût moyen d’un sinistre inondation, par exemple, est de 35 000 euros pour une microentreprise, selon la direction générale des entreprises (DGE). Les TPE sont globalement les plus vulnérables, un seul sinistre peut les mettre dans le rouge, quand il ne menace pas directement leur survie.
Des aides publiques au financement de l’adaptation
Pour financer des mesures d’adaptation, une entreprise peut mobiliser des aides publiques dédiées à la transition et destinées aux TPE et les PME : prêt vert garanti par l’État, obligations transition, fonds chaleur-froid géré par l’Ademe pour des projets de froid géothermique et des réseaux chaud-froid, financement et appui technique des agences de l’eau pour des projets de désimperméabilisation des sols ou de gestion intégrée et durable des eaux pluviales, certificats d’économies d’énergie (CCE) pour le rafraîchissement dans les bâtiments…
Des coûts évités plus que des gains financiers
La mesure de l’efficacité des stratégies d’adaptation est difficile. Il n’existe pas d’indicateur unique, contrairement aux actions d’atténuation qui se mesurent en bilan d’émission de GES (BEGES). Un groupe de travail interministériel planche sur la façon de mesurer des indicateurs d’adaptation.
Les actions d’adaptation sont cependant considérées comme rentables, car elles réduisent les coûts des dommages, selon l’Ademe et la DGE. Pour un euro investi dans l’adaptation (la prévention), huit euros de dépenses seraient évités en cas de crise. Les résultats de l’adaptation se mesurent donc en termes de pertes évitées (moins de jours non travaillés ou d’inactivité, de pertes d’exploitation…). Ses bénéfices relèvent aussi des économies réalisées (baisse de la consommation d’eau ou d’énergie…).
Hausse des primes d’assurance et risque d’inassurabilité
L’assurance des entreprises est un enjeu majeur au regard de la hausse de la sinistralité climatique qui participe à l’augmentation du prix des primes. Certaines pourraient avoir du mal à s’assurer à l’avenir. La question se pose déjà pour des PME situées très proches de cours d’eau susceptibles de provoquer des inondations par exemple. Globalement, les assureurs s’intéressent de plus en plus à ce que fait une entreprise pour assurer son bon fonctionnement, à ses mesures d’adaptation notamment, lors des signatures ou renouvellement de contrats.
L’adaptation est un sujet de résilience plus que de performance classique et de valeur créée, même si adapter ses produits au climat futur générera des profits. C’est un sujet de résilience plus que de performance classique. Sa rentabilité n’est pas économique mais environnementale et se mesurera sur le long terme. Une occasion peut être de faire évoluer les indicateurs de retour sur investissement pour les adapter aux défis actuels et à venir.