
Malaises mortels au travail : des pistes de prévention
En 2024, 60 % des 760 décès accidentels en lien avec le travail étaient des « malaises mortels », le nom donné par l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnels aux décès survenus sur le lieu ou à l’occasion du travail, sans cause externe identifiée (ni traumatisme […]

En 2024, 60 % des 760 décès accidentels en lien avec le travail étaient des « malaises mortels », le nom donné par l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnels aux décès survenus sur le lieu ou à l’occasion du travail, sans cause externe identifiée (ni traumatisme ni électrocution par exemple).
Pour mieux comprendre le phénomène, l’INRS a mené une étude, publiée en juin 2026, portant sur les malaises mortels survenus entre septembre 2023 et février 2025. Majoritairement, ils correspondent à des morts subites cardiaques liées à un infarctus du myocarde.L’étude permet d’abord de déterminer les profils de salariés les plus à risque : 88 % des cas étudiés concernent des hommes. L’âge médian des victimes est de 53 ans. Certaines professions sont particulièrement touchées, à l’image des conducteurs de poids lourds (15 % des cas) ou des cadres et directeurs (8 % des cas). Les agents d’entretien et les métiers qualifiés du bâtiment représentent respectivement 3 % des victimes.
Des victimes souvent seules
L’analyse des récits des accidents étudiés permet de faire ressortir certains facteurs de risques comme l’activité physique, les horaires atypiques (le travail de nuit et posté), le travail au chaud ou au froid et l’isolement des travailleurs touchés. « Dans 83 % des cas, l’activité du travailleur est décrite comme habituelle, et 73 % des victimes étaient seules lorsque le malaise est arrivé, sans pour autant être des travailleurs isolés à proprement parler », précise Anne Bourdieu, coautrice de l’étude.
De quoi aider à identifier les leviers sur lesquels agir pour prévenir la survenue de ces accidents. Des dispositifs d’alarme peuvent par exemple être mis en place pour les travailleurs isolés.
Former des secouristes en entreprise
Pour les auteurs de l’étude, il faut aussi agir sur l’organisation des secours en formant plus de salariés sauveteurs secouristes du travail, en sensibilisant les salariés aux gestes de premiers secours, en les formant à l’utilisation d’un défibrillateur et à la réalisation d’un massage cardiaque. Les entreprises sont d’ailleurs tenues de proposer ce type de formation. Il importe aussi que les employeurs s’assurent que l’ensemble des collaborateurs sachent comment réagir, qui et comment alerter face au malaise d’un collègue.
Faire connaître les signes d’alerte
L’étude met également en lumière le besoin de sensibilisation pour que les potentielles victimes soient en mesure de repérer les symptômes d’alerte. « Dans de nombreux récits d’accidents, les victimes ont en effet présenté des signes, dans les heures ou jours précédant le malaise, comme une douleur à la poitrine, mais qu’ils ont malheureusement ignorés », raconte Anne Bourdieu. Selon les auteurs, des informations à ce sujet pourraient notamment être transmises à l’occasion de la visite médicale de mi-carrière, pendant laquelle les services de prévention et de santé au travail pourraient procéder à une évaluation du risque cardiovasculaire du salarié.